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Du 20 au 21 septembre 2014, la Société Historique de Maroilles (SHM) et le Great Maroilles Commémoration (GMC) ont proposés, dans le cadre des journées Européennes du Patrimoines, l’événement « Normandy – Avenois 2014 ».

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« Normandy – Avenois » est un vaste programme qui commémore le centenaire de la Guerre 14-18 et des 70 ans de la libération de l’Avesnois (le 2 septembre 1944).

Le village de Maroilles (en Avenois) a été choisi pour l’implantation du camp.

Je n’ai pas su participer à l’ensemble des activités prévu au programme que vous trouverez ici : le programme du site officiel

Mon article se compose de deux parties :

  • La commémoration du samedi
  • L’installation d’un hôpital de campagne et les activités annexes du samedi et dimanche

La commémoration

C’est en présence de deux invités incontournables que débuta la cérémonie de commémoration au monument aux morts pour la France. (14-18 & 39-45)

Monsieur Isaac Curtis Phillips, soldat de la 4e Division d’infanterie américaine, a participé au débarquement à Utah Beach. A l’époque, il avait 19 ans

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Le colonel Bergman, retraité de l’armée américaine, était diplômé de West Point. Par la suite, il s’est engagé comme  volontaire au Vietnam.

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Le Maire de Maroilles, Monsieur Quinzin.

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Le groupe « Battlefield Pipe Band », était présent, avec leurs cornemuses pour apporter une note musicale à la cérémonie.

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Je dois saluer la rigueur de plusieurs groupes présents pendant la commémoration.

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Hôpital de campagne

Dans les années 70, France 2 a diffusé le film « M*A*S*H« , puis une série télévision, très populaire,  portant le même nom, qui mettait en scène le quotidien d’une équipe de médecins et d’infirmières durant la guerre de Corée. (1950-1953)

M*A*S*H, c’est aussi la musique du générique « Suicide Is Painless » écrite par Johnny Mandel qui a bercé, une partie de mon adolescence.

La plupart des épisodes étaient basés sur des histoires vécues par des chirurgiens des unités MASH, c’est-à-dire « Mobile Army Surgical Hospital » (en français : clinique chirurgicale militaire mobile).

Dans la plupart des reconstitutions de camp US, dont celui de Maroilles, on y retrouve ces installations d’unité chirurgicale de campagne, comme celle de l’équipe de Benoît Tranchant.

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Le samedi, sous le nom du club  « Remember Group 101 AB 506 P.IR  Easy Company », Benoit et son équipe ont grimé des participants, pour donner le change à de vraies opérations chirurgicales.

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La 326e Airborne Medical Company fut activée en août 1942. Elle était l’unité médicale qui a soutenu la 101e division aéroportée au cours de ses opérations pendant la Seconde Guerre mondiale.

Elle a participé activement :

Au D-Day

À l’Opération Market Garden

A La Bataille des Ardennes

Ensuite, elle a soutenu la division pendant le reste du conflit en Europe, jusqu’à ce qu’elle soit désactivée, le 30 novembre 1945.

Malheureusement, le dimanche, la pluie inondait le camp, en faisaient fuir les visiteurs. Je n’ai pu faire que quelques photographies, le samedi, sur le travail de Benoît.

Cependant, j’ai pu admirer l’ingéniosité de Benoît, qui avec de petits os, de farine et de produit de maquillage, a su nous plonger dans un réalisme très surprenant.

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Si la pluie a gâché la fin de la journée du samedi jusqu’à tard dans l’après-midi du dimanche, elle fut mon alliée pour la marche historique de la libération de l’Avesnois avec une attaque d’une position allemande.

Certaines photographies peuvent vous sembler un peu floues, elles ne le sont pas. J’ai préféré rendre hommage au mouvement des acteurs, en réglant mon appareil photographique, sur une vitesse lente, pour donner cet effet de vie, de mouvement.

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En effet, la conjugaison de la fatigue d’une nuit orageuse, de la pluie lors de la marche et des effets pyrotechniques a joué un rôle important pour la prise de mes photographies, qui rendent un effet authentique de Gi’s de l’époque.

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Nous étions tous trempés jusqu’aux os, chaussures remplies d’eaux; fatigués d’une nuit d’orage, mais finalement, je ne regrette rien. Que de beaux souvenirs !

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Je tiens à remercier les deux groupes de reconstitution, « Easy Airborne Group » et « Paratrooper Stick 2 », qui ont encadré cette marche allant de Maroilles vers Thiérache en passant par une voie de campagne.

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L’attaque de la position allemande a été une réussite.

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Les soldats couraient, se positionnaient et attaquaient la position allemande avec un réalisme incroyable. J’ai vraiment été bluffé par le jeu des participants et des moyens mis en œuvre (pyrotechnique) pour créer un réel retour dans le passé !

Ceci, on le doit principalement à l’ingéniosité et à la créativité de Pascal Vanghist et de son équipe.

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Une vitesse lente, réglée sur mon appareil photographique, donne ici, un très beau mouvement des acteurs.

Lorsqu’un soldat tombait, les infirmiers et brancardiers accouraient pour lui donner les premiers soins. Après, ceux-ci donnés, soit le soldat repartait immédiatement au combat ou il était évacué, par les brancardiers, vers l’hôpital de campagne.

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Le système d’évacuation des blessés de l’armée américaine, pendant la Seconde Guerre Mondiale, était codifié en 5 échelons, de telle manière à prendre en charge les blessés, selon le traitement le plus adéquat possible.

Ci-après sont repris les 5 échelons (cliquer sur un des échelons pour voir la description du site de référence (en anglais)

Echelon I
Echelon II
Echelon III
Echelon IV
Echelon V

Revenons à mon sujet principal : l’hôpital de campagne (Field Hospital)

Un hôpital de campagne est généralement plus grand qu’un poste de secours, mais plus petit qu’un hôpital militaire.

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Les hôpitaux de campagne ont été situés près des lignes de front et ont été les principaux lieux pour soigner les malades et les blessés. Sauf pour les cas mineurs, les victimes sont ensuite déplacées vers des hôpitaux plus éloignés de la ligne de front pour un traitement plus spécialisé et favorisant la récupération du malade.

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Une vitesse lente, réglée sur mon appareil photographique, donne ici, un très beau mouvement des acteurs.

L’hôpital de campagne est avant tout une équipe médicale expérimentée avec du matériel médical facilement transportable. Un hôpital était souvent sous tente, mais pouvait se déployer dans un lieu existant, comme une école, une église, château, maison, etc.

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ici, dans une étable à Braine-le-Château

L’objectif de l’armée américaine était de ne perdre aucun homme, d’où l’importance de la notion d’heure d’or. Donc, dès lors que l’on a de nombreux blessés dans une zone éloignée des structures de soin en dur, l’idéal consiste à créer une structure de soins provisoire la plus proche possible des blessés.

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Benoit Tranchant : une personne dévoué à sa passion :

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C’est 10 ans de collection d’outils chirurgicaux de l’armée américaine des années 40-45, de tables chirurgicales, de lampes, de vêtements, de brancards et autres outils médicaux : tous plus  surprenants les uns que les autres.

C’est sa gentillesse et son dévouement pour les vétérans et le respect des commémorations pour le souvenir de mémoire.

C’est le plaisir d’apporter son enthousiasme pour montrer les horreurs de la guerre, aux visiteurs, avec des grimages de blessures et autres fractures.

C’est une passion dévorante pour tout ce qui touche au médical de la guerre 40-45.

Benoit Tranchant est un concentré de ce qui précède.

J’ai eu beaucoup de plaisir à le regarder au travers de cette passion, grâce à laquelle les visiteurs étaient ébahis devant son travail, son savoir-faire.

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Interview de Benoît Tranchant

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Depuis combien de temps t’investis-tu dans cette passion ?

Depuis une dizaine d’années. On a commencé, avec les enfants, à acheter une jeep. Puis, mes amis proches en ont fait de même et nous avons commencé cette belle aventure, ensemble. Nous avons créé le club « Remember Group 101 AB 506 P.IR  Easy Company » pour rendre hommage à la « 326th Airborne Medical Company« 

Pour le grimage, je me suis documenté (livres et internet). J’ai demandé, à ma fille et à mes amis, de se prêter au jeu. Petit à petit, j’ai maitrisé la technique.

Comment s’agençait une compagnie médicale dans un camp us ?

Un hôpital de campagne était constitué de plusieurs tentes. Chacune d’elle correspondait à une étape du traitement des blessés. Quand les blessés venaient du front, ils étaient triés et dispatchés selon les évaluations vers les salles d’opération du camp ou, pour les blessés nécessitant une structure plus importante, envoyés vers des hôpitaux militaires, en arrière de ligne.

Comment se passait le tri des blessés ?

Il faut bien comprendre qu’il était important de sauver le maximum de soldats blessés. Une évaluation devait être faite pour donner des priorités lors du tri.

L’hôpital de campagne pouvait être limité à certains soins. Les blessés étaient transférés vers des hôpitaux militaires.  Ces derniers étaient stabilisés.

Tu as pu le voir sur le camp : on mettait sur le front des soldats la lettre M pour « en état de morphine ». Une évacuation incorrecte pouvait entraîner la mort d’un patient vu l’absence de soins immédiats.

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Le mot « M » inscrit, en rouge, sur le front d’un soldat

D’où vient cette passion du médical ?

J’ai toujours été attiré par le médical. Au départ, j’aurais aimé être infirmier.

A 14 ans (jusque 20 ans), je suis rentré à la Croix-Rouge, comme bénévole. Puis, j’ai préparé l’école des sous-officiers à l’armée belge. J’ai fait ma carrière militaire, à Koksijde, pendant 8 ans. Mon job consistait à faire des recherches, en mer, en hélicoptère. J’étais plongeur-sauveteur, je sauvais des gens de noyades en mer.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, mon grand-père était, lui aussi, un membre très engagé à la Croix-Rouge.

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J’ai été bluffé par ta technique de grimage des blessures. Comment t’y prends-tu ?

Pour donner l’illusion de plaies ouvertes, sur une partie d’un corps humain, je fabrique moi-même une pâte avec de la farine, de l’huile et du colorant. J’y ajoute mon savoir-faire pour appliquer cette pâte sur mon modèle.

Cela dit, on peut acheter, dans le commerce, des pâtes déjà toutes faites pour le cinéma, mais je préfère la fabriquer moi-même.

Je vais, également, chez mon boucher, chercher des petits os que j’introduis dans la pâte, pour donner un effet visuel plus important.

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Petits os de porc, introduits dans la pâte, pour donner illusion d’une blessure ouverte.

 

Depuis que tu fais du médical, quel est ton meilleur souvenir ?

Lors d’une marche, à l’occasion des commémorations de Normandie (juin 2014), on m’a demandé de reconstituer un hôpital de campagne, au château de Colombières.

Lors du débarquement, ce lieu fut le tout premier hôpital américain en Normandie. De plus, c’est la « 326th Airborne Medical Company« . qui soignait les blessés.

J’ai répondu « affirmatif » à cette demande.

Les vétérans, qui étaient présents lors de commémoration, sont venus au château et nous ont remerciés de la qualité du travail. Ils m’ont dit qu’ils aimaient les infirmiers (doc), car ils prenaient soin de nous ! Cela résume tout pour moi.

Je serai très heureux de pouvoir refaire cette reconstitution.

Quel est le prochain camp auquel tu participeras ?

La Commémoration de Bastogne et la Bataille des Ardennes.

On m’a demandé de reconstituer un hôpital de campagne (dans une église).

D’un autre côté, je dois prendre en charge un vétéran, tout le week-end. Je dois le conduire où il veut : lui faire plaisir, finalement.

Entre les deux, mon choix est vite fait ! Je préfère m’occuper du vétéran.

Sur le camp, j’ai pu voir un nombre, incroyable, d’ustensiles qui se déclinait sur deux tables. Comment as-tu pu rassembler autant d’outils ?

C’est le résultat de recherches, sur internet, sur les bourses et de demandes à de vrais chirurgiens (à quoi correspond tel ou tel outil ?). On ne fait pas n’importe comment. J’essaie d’être le plus proche de la réalité et de l’époque.

J’ai une anecdote à ce sujet : il y a 3 ans, j’ai fait une exposition (expo jumelée avec le NUTS de Bastogne) avec mes outils médicaux et mes mannequins à Koekelberg (Bruxelles)

Une lieutenant colonelle de l’armée américaine (basée au SHAPE) était venue assister à l’exposition. Elle a été tellement impressionnée du décor et des outils que je présentais.

Elle me dit : « dans les reconstitutions/expo, on voit toujours les hommes en armes, rarement des passionnés du médical. Je vais vous aider à compléter votre collection, me dit-elle »

Un an passe. Je reçois un courrier du SHAPE me demandant de venir chercher un colis !

En ouvrant le colis, quelle fut ma surprise de découvrir les outils, qui me manquaient pour compléter ma collection.

Aujourd’hui, grâce à elle, ma trousse de chirurgien est complète à 97 %.

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Sur cette photographie, on peut voir une petite partie des moyens que Benoît a à sa disposition.

 

Pourquoi investis-tu dans cette passion ?

Je m’investis, dans ce rôle, pour montrer aux visiteurs ce qu’était la guerre et ses conséquences parfois désastreuses.

C’est pour cette raison, que lorsque je fais des blessures ouvertes, je pousse le plus possible dans le réalisme et le choquant, indépendamment du temps. Tout ceci pour bien montrer la réalité du terrain. La guerre n’était pas un jeu. C’est des hommes morts, blessés et de la souffrance.

Les jeunes gens pensent que la guerre, c’est de courir avec un fusil et compter les ennemis tués en fin de journée. Non ! La guerre est une souffrance incommensurable !

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Mon travail est aussi dédié à rendre hommage aux personnes qui, en arrière de ligne, ont sauvé des soldats. C’est aussi très important pour moi.

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Une vidéo, prise par le club  :First Infantry Remember. Merci à Antho Nat Hugo de m’avoir donné sa permission.

 

Une vidéo, sans le son, qui montre un hôpital de campagne de l’époque. Tourné dans la région de La Haye-du-Puits (Manche). Un retour en arrière de plus de 70 ans! : Vidéo

 

Je ne peux terminer mon petit reportage sans souligner et saluer l’excellent travail d’organisation de toute l’équipe du groupe de reconstitution, « Easy Airborne Group » et particulièrement à Pascal Vanghist.

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Ce reportage, sur les camps de reconstitution, est le dernier avant quelques mois.

Ma santé est ce qu’elle est !

Je tiens à remercier les lecteurs qui me suivent.

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Quelques photos prises lors de l’événement. (cliquer sur une photo, pour passer en mode visionneuse)

Si vous êtes un membre d’un groupe de reconstitution, vous pouvez télécharger les photographies gratuitement pour un usage personnel selon les terme de la Licence Creative Commons Attribution). Il est demandé de laisser ma signature en bas/gauche sur la photographie.

Licence Creative CommonsLes photographies sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Pour une utilisation commerciale, une demande formelle doit être faite.

Je suis également membre de La SOFAM pour protéger mes droits d’auteur.

Les textes sont également soumis aux mêmes règles de la législation sur les droits d’auteur.

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