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Archive for the ‘Militaria’ Category

Du 20 au 21 septembre 2014, la Société Historique de Maroilles (SHM) et le Great Maroilles Commémoration (GMC) ont proposés, dans le cadre des journées Européennes du Patrimoines, l’événement « Normandy – Avenois 2014 ».

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« Normandy – Avenois » est un vaste programme qui commémore le centenaire de la Guerre 14-18 et des 70 ans de la libération de l’Avesnois (le 2 septembre 1944).

Le village de Maroilles (en Avenois) a été choisi pour l’implantation du camp.

Je n’ai pas su participer à l’ensemble des activités prévu au programme que vous trouverez ici : le programme du site officiel

Mon article se compose de deux parties :

  • La commémoration du samedi
  • L’installation d’un hôpital de campagne et les activités annexes du samedi et dimanche

La commémoration

C’est en présence de deux invités incontournables que débuta la cérémonie de commémoration au monument aux morts pour la France. (14-18 & 39-45)

Monsieur Isaac Curtis Phillips, soldat de la 4e Division d’infanterie américaine, a participé au débarquement à Utah Beach. A l’époque, il avait 19 ans

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Le colonel Bergman, retraité de l’armée américaine, était diplômé de West Point. Par la suite, il s’est engagé comme  volontaire au Vietnam.

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Le Maire de Maroilles, Monsieur Quinzin.

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Le groupe « Battlefield Pipe Band », était présent, avec leurs cornemuses pour apporter une note musicale à la cérémonie.

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Je dois saluer la rigueur de plusieurs groupes présents pendant la commémoration.

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Hôpital de campagne

Dans les années 70, France 2 a diffusé le film « M*A*S*H« , puis une série télévision, très populaire,  portant le même nom, qui mettait en scène le quotidien d’une équipe de médecins et d’infirmières durant la guerre de Corée. (1950-1953)

M*A*S*H, c’est aussi la musique du générique « Suicide Is Painless » écrite par Johnny Mandel qui a bercé, une partie de mon adolescence.

La plupart des épisodes étaient basés sur des histoires vécues par des chirurgiens des unités MASH, c’est-à-dire « Mobile Army Surgical Hospital » (en français : clinique chirurgicale militaire mobile).

Dans la plupart des reconstitutions de camp US, dont celui de Maroilles, on y retrouve ces installations d’unité chirurgicale de campagne, comme celle de l’équipe de Benoît Tranchant.

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Le samedi, sous le nom du club  « Remember Group 101 AB 506 P.IR  Easy Company », Benoit et son équipe ont grimé des participants, pour donner le change à de vraies opérations chirurgicales.

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La 326e Airborne Medical Company fut activée en août 1942. Elle était l’unité médicale qui a soutenu la 101e division aéroportée au cours de ses opérations pendant la Seconde Guerre mondiale.

Elle a participé activement :

Au D-Day

À l’Opération Market Garden

A La Bataille des Ardennes

Ensuite, elle a soutenu la division pendant le reste du conflit en Europe, jusqu’à ce qu’elle soit désactivée, le 30 novembre 1945.

Malheureusement, le dimanche, la pluie inondait le camp, en faisaient fuir les visiteurs. Je n’ai pu faire que quelques photographies, le samedi, sur le travail de Benoît.

Cependant, j’ai pu admirer l’ingéniosité de Benoît, qui avec de petits os, de farine et de produit de maquillage, a su nous plonger dans un réalisme très surprenant.

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Si la pluie a gâché la fin de la journée du samedi jusqu’à tard dans l’après-midi du dimanche, elle fut mon alliée pour la marche historique de la libération de l’Avesnois avec une attaque d’une position allemande.

Certaines photographies peuvent vous sembler un peu floues, elles ne le sont pas. J’ai préféré rendre hommage au mouvement des acteurs, en réglant mon appareil photographique, sur une vitesse lente, pour donner cet effet de vie, de mouvement.

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En effet, la conjugaison de la fatigue d’une nuit orageuse, de la pluie lors de la marche et des effets pyrotechniques a joué un rôle important pour la prise de mes photographies, qui rendent un effet authentique de Gi’s de l’époque.

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Nous étions tous trempés jusqu’aux os, chaussures remplies d’eaux; fatigués d’une nuit d’orage, mais finalement, je ne regrette rien. Que de beaux souvenirs !

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Je tiens à remercier les deux groupes de reconstitution, « Easy Airborne Group » et « Paratrooper Stick 2 », qui ont encadré cette marche allant de Maroilles vers Thiérache en passant par une voie de campagne.

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L’attaque de la position allemande a été une réussite.

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Les soldats couraient, se positionnaient et attaquaient la position allemande avec un réalisme incroyable. J’ai vraiment été bluffé par le jeu des participants et des moyens mis en œuvre (pyrotechnique) pour créer un réel retour dans le passé !

Ceci, on le doit principalement à l’ingéniosité et à la créativité de Pascal Vanghist et de son équipe.

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Une vitesse lente, réglée sur mon appareil photographique, donne ici, un très beau mouvement des acteurs.

Lorsqu’un soldat tombait, les infirmiers et brancardiers accouraient pour lui donner les premiers soins. Après, ceux-ci donnés, soit le soldat repartait immédiatement au combat ou il était évacué, par les brancardiers, vers l’hôpital de campagne.

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Le système d’évacuation des blessés de l’armée américaine, pendant la Seconde Guerre Mondiale, était codifié en 5 échelons, de telle manière à prendre en charge les blessés, selon le traitement le plus adéquat possible.

Ci-après sont repris les 5 échelons (cliquer sur un des échelons pour voir la description du site de référence (en anglais)

Echelon I
Echelon II
Echelon III
Echelon IV
Echelon V

Revenons à mon sujet principal : l’hôpital de campagne (Field Hospital)

Un hôpital de campagne est généralement plus grand qu’un poste de secours, mais plus petit qu’un hôpital militaire.

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Les hôpitaux de campagne ont été situés près des lignes de front et ont été les principaux lieux pour soigner les malades et les blessés. Sauf pour les cas mineurs, les victimes sont ensuite déplacées vers des hôpitaux plus éloignés de la ligne de front pour un traitement plus spécialisé et favorisant la récupération du malade.

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Une vitesse lente, réglée sur mon appareil photographique, donne ici, un très beau mouvement des acteurs.

L’hôpital de campagne est avant tout une équipe médicale expérimentée avec du matériel médical facilement transportable. Un hôpital était souvent sous tente, mais pouvait se déployer dans un lieu existant, comme une école, une église, château, maison, etc.

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ici, dans une étable à Braine-le-Château

L’objectif de l’armée américaine était de ne perdre aucun homme, d’où l’importance de la notion d’heure d’or. Donc, dès lors que l’on a de nombreux blessés dans une zone éloignée des structures de soin en dur, l’idéal consiste à créer une structure de soins provisoire la plus proche possible des blessés.

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Benoit Tranchant : une personne dévoué à sa passion :

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C’est 10 ans de collection d’outils chirurgicaux de l’armée américaine des années 40-45, de tables chirurgicales, de lampes, de vêtements, de brancards et autres outils médicaux : tous plus  surprenants les uns que les autres.

C’est sa gentillesse et son dévouement pour les vétérans et le respect des commémorations pour le souvenir de mémoire.

C’est le plaisir d’apporter son enthousiasme pour montrer les horreurs de la guerre, aux visiteurs, avec des grimages de blessures et autres fractures.

C’est une passion dévorante pour tout ce qui touche au médical de la guerre 40-45.

Benoit Tranchant est un concentré de ce qui précède.

J’ai eu beaucoup de plaisir à le regarder au travers de cette passion, grâce à laquelle les visiteurs étaient ébahis devant son travail, son savoir-faire.

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Interview de Benoît Tranchant

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Depuis combien de temps t’investis-tu dans cette passion ?

Depuis une dizaine d’années. On a commencé, avec les enfants, à acheter une jeep. Puis, mes amis proches en ont fait de même et nous avons commencé cette belle aventure, ensemble. Nous avons créé le club « Remember Group 101 AB 506 P.IR  Easy Company » pour rendre hommage à la « 326th Airborne Medical Company« 

Pour le grimage, je me suis documenté (livres et internet). J’ai demandé, à ma fille et à mes amis, de se prêter au jeu. Petit à petit, j’ai maitrisé la technique.

Comment s’agençait une compagnie médicale dans un camp us ?

Un hôpital de campagne était constitué de plusieurs tentes. Chacune d’elle correspondait à une étape du traitement des blessés. Quand les blessés venaient du front, ils étaient triés et dispatchés selon les évaluations vers les salles d’opération du camp ou, pour les blessés nécessitant une structure plus importante, envoyés vers des hôpitaux militaires, en arrière de ligne.

Comment se passait le tri des blessés ?

Il faut bien comprendre qu’il était important de sauver le maximum de soldats blessés. Une évaluation devait être faite pour donner des priorités lors du tri.

L’hôpital de campagne pouvait être limité à certains soins. Les blessés étaient transférés vers des hôpitaux militaires.  Ces derniers étaient stabilisés.

Tu as pu le voir sur le camp : on mettait sur le front des soldats la lettre M pour « en état de morphine ». Une évacuation incorrecte pouvait entraîner la mort d’un patient vu l’absence de soins immédiats.

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Le mot « M » inscrit, en rouge, sur le front d’un soldat

D’où vient cette passion du médical ?

J’ai toujours été attiré par le médical. Au départ, j’aurais aimé être infirmier.

A 14 ans (jusque 20 ans), je suis rentré à la Croix-Rouge, comme bénévole. Puis, j’ai préparé l’école des sous-officiers à l’armée belge. J’ai fait ma carrière militaire, à Koksijde, pendant 8 ans. Mon job consistait à faire des recherches, en mer, en hélicoptère. J’étais plongeur-sauveteur, je sauvais des gens de noyades en mer.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, mon grand-père était, lui aussi, un membre très engagé à la Croix-Rouge.

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J’ai été bluffé par ta technique de grimage des blessures. Comment t’y prends-tu ?

Pour donner l’illusion de plaies ouvertes, sur une partie d’un corps humain, je fabrique moi-même une pâte avec de la farine, de l’huile et du colorant. J’y ajoute mon savoir-faire pour appliquer cette pâte sur mon modèle.

Cela dit, on peut acheter, dans le commerce, des pâtes déjà toutes faites pour le cinéma, mais je préfère la fabriquer moi-même.

Je vais, également, chez mon boucher, chercher des petits os que j’introduis dans la pâte, pour donner un effet visuel plus important.

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Petits os de porc, introduits dans la pâte, pour donner illusion d’une blessure ouverte.

 

Depuis que tu fais du médical, quel est ton meilleur souvenir ?

Lors d’une marche, à l’occasion des commémorations de Normandie (juin 2014), on m’a demandé de reconstituer un hôpital de campagne, au château de Colombières.

Lors du débarquement, ce lieu fut le tout premier hôpital américain en Normandie. De plus, c’est la « 326th Airborne Medical Company« . qui soignait les blessés.

J’ai répondu « affirmatif » à cette demande.

Les vétérans, qui étaient présents lors de commémoration, sont venus au château et nous ont remerciés de la qualité du travail. Ils m’ont dit qu’ils aimaient les infirmiers (doc), car ils prenaient soin de nous ! Cela résume tout pour moi.

Je serai très heureux de pouvoir refaire cette reconstitution.

Quel est le prochain camp auquel tu participeras ?

La Commémoration de Bastogne et la Bataille des Ardennes.

On m’a demandé de reconstituer un hôpital de campagne (dans une église).

D’un autre côté, je dois prendre en charge un vétéran, tout le week-end. Je dois le conduire où il veut : lui faire plaisir, finalement.

Entre les deux, mon choix est vite fait ! Je préfère m’occuper du vétéran.

Sur le camp, j’ai pu voir un nombre, incroyable, d’ustensiles qui se déclinait sur deux tables. Comment as-tu pu rassembler autant d’outils ?

C’est le résultat de recherches, sur internet, sur les bourses et de demandes à de vrais chirurgiens (à quoi correspond tel ou tel outil ?). On ne fait pas n’importe comment. J’essaie d’être le plus proche de la réalité et de l’époque.

J’ai une anecdote à ce sujet : il y a 3 ans, j’ai fait une exposition (expo jumelée avec le NUTS de Bastogne) avec mes outils médicaux et mes mannequins à Koekelberg (Bruxelles)

Une lieutenant colonelle de l’armée américaine (basée au SHAPE) était venue assister à l’exposition. Elle a été tellement impressionnée du décor et des outils que je présentais.

Elle me dit : « dans les reconstitutions/expo, on voit toujours les hommes en armes, rarement des passionnés du médical. Je vais vous aider à compléter votre collection, me dit-elle »

Un an passe. Je reçois un courrier du SHAPE me demandant de venir chercher un colis !

En ouvrant le colis, quelle fut ma surprise de découvrir les outils, qui me manquaient pour compléter ma collection.

Aujourd’hui, grâce à elle, ma trousse de chirurgien est complète à 97 %.

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Sur cette photographie, on peut voir une petite partie des moyens que Benoît a à sa disposition.

 

Pourquoi investis-tu dans cette passion ?

Je m’investis, dans ce rôle, pour montrer aux visiteurs ce qu’était la guerre et ses conséquences parfois désastreuses.

C’est pour cette raison, que lorsque je fais des blessures ouvertes, je pousse le plus possible dans le réalisme et le choquant, indépendamment du temps. Tout ceci pour bien montrer la réalité du terrain. La guerre n’était pas un jeu. C’est des hommes morts, blessés et de la souffrance.

Les jeunes gens pensent que la guerre, c’est de courir avec un fusil et compter les ennemis tués en fin de journée. Non ! La guerre est une souffrance incommensurable !

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Mon travail est aussi dédié à rendre hommage aux personnes qui, en arrière de ligne, ont sauvé des soldats. C’est aussi très important pour moi.

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Une vidéo, prise par le club  :First Infantry Remember. Merci à Antho Nat Hugo de m’avoir donné sa permission.

 

Une vidéo, sans le son, qui montre un hôpital de campagne de l’époque. Tourné dans la région de La Haye-du-Puits (Manche). Un retour en arrière de plus de 70 ans! : Vidéo

 

Je ne peux terminer mon petit reportage sans souligner et saluer l’excellent travail d’organisation de toute l’équipe du groupe de reconstitution, « Easy Airborne Group » et particulièrement à Pascal Vanghist.

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Ce reportage, sur les camps de reconstitution, est le dernier avant quelques mois.

Ma santé est ce qu’elle est !

Je tiens à remercier les lecteurs qui me suivent.

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Quelques photos prises lors de l’événement. (cliquer sur une photo, pour passer en mode visionneuse)

Si vous êtes un membre d’un groupe de reconstitution, vous pouvez télécharger les photographies gratuitement pour un usage personnel selon les terme de la Licence Creative Commons Attribution). Il est demandé de laisser ma signature en bas/gauche sur la photographie.

Licence Creative CommonsLes photographies sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Pour une utilisation commerciale, une demande formelle doit être faite.

Je suis également membre de La SOFAM pour protéger mes droits d’auteur.

Les textes sont également soumis aux mêmes règles de la législation sur les droits d’auteur.

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Le club « 1944’s Allied Remembrance Group 703 TD » en collaboration avec la commune de Quévy, la Municipalité de Gognies-Chaussée et l’Association Mémoire de Gognies-Chaussée ont proposé, les 13 et 14 septembre 2014, une commémoration du souvenir pour le 70e anniversaire de la bataille pour la libération de Gognies-Chaussée.

Pierre Degelaen un des acteurs de la reconstitution

Résumé des événements des 2 et 3 septembre 1944

Bousculés de toutes parts par l’avancée des troupes américaines, l’unique objectif des troupes allemandes restantes en cette fin d’août de l’an 1944, est de rejoindre au plus vite l’Allemagne afin d’organiser la défense derrière la ligne Siegfried.

La 3ème Division Blindée américaine conduite par le Général Major M.B.ROSE traverse la Seine le 24 aout. Le 30 août, le QG ordonne au général de se rendre au plus vite à Mons et d’y prendre position bien que le but initial des hommes de la division était de rejoindre Sedan et Charleville. A l’aube du 1er septembre, la division « Spearhead » forte de six cents chars de combat débute sa progression vers le chef-lieu du Hainaut.

Il semble qu’à cet instant, le Général ROSE et son Chef d’Etat-Major sous-estiment profondément les forces présentes en face d’eux. Le peu d’information concernant l’ennemi ainsi que la faible pugnacité de l’adversaire trompent l’État-major américain. Ce dernier ne réalisant pas que près de 60.000 soldats ennemis sont pris au piège dans un filet s’étendant de Bavay à Cambrai.

L’ordre du 30 aout émis par le QG fut décisif dans le cadre de la libération de nos régions. En effet, la 3ème Division Blindée en se dirigeant vers Mons, prend de vitesse les troupes allemandes. De cette manière, les soldats allemands se retrouvent coincés entre la 1re Division d’infanterie « Big Red One » et la 3ème Division Blindée du Général ROSE.

Durant la nuit du 02 au 03 septembre, la route de Mons-Maubeuge est coupée en plusieurs endroits, plusieurs colonnes adverses tentant de percer les défenses établies par les unités américaines. Une colonne motorisée venant de Bavay est bloquée au carrefour de Bois-Bourdon. Des combats violents font rage.

La population des villages environnants se terre dans les caves. Des véhicules de tous types suivis de troupes disparates véhiculées par des chevaux s’agglutinent de tous côtés. Ordres et contre-ordres fusent ! Une pagaille s’installe dans ces colonnes qui refluent. Des groupes de combat dispersés tentent de fuir.

Réalisant enfin la situation réelle et peu désireuse d’être submergée, la 3ème DB.US appelle l’aviation en renfort et demande l’appui rapide de la 1re division d’infanterie pour nettoyer le secteur.

Piégées dans Go(e)gnies, les colonnes allemandes vont être anéanties dans la matinée du 3 septembre par les escadrilles américaines. Thunderbolds et P47, dans un ballet de feu et de sang, mitraillent les colonnes allemandes en déroute.

Plus de 400 véhicules et leurs occupants sont ainsi détruits, cinq grandes unités allemandes, la 6ème Division de parachutistes, la 18ème Division d’artillerie lourde ainsi que les 47ème, 275ème et 348ème Division d’Infanterie sont anéanties.

Des centaines de morts, des carcasses de véhicules brûlés ou déchiquetés jonchent les rues de Goegnies. Au soir du 3 septembre, les pertes ennemies s’élèvent à près de 350 tués et à 5000 blessés ou prisonniers. En fin de semaine le nombre de prisonniers recensé par la 1re division US dans la région compte près de 18000 hommes, dont 300 officiers.

34 maisons sont totalement détruites et le reste des habitations sérieusement endommagées. Les habitants qui avaient dû se protéger sous terre pendant 48h, ressortent hébétés et choqués par le spectacle de carnage et de désolation.

Crédit texte : Garance Wallerand.

Go(e)gnies-Chaussée est un petit village rattaché à la commune de Quévy en Région wallonne dans la province de Hainaut. Il est séparé de la municipalité française de Gognies-Chaussée par la chaussée Brunehault.

La chaussée Brunehault fut le théâtre d’une bataille sanglante, qui coûta la vie, en quelques heures, à 350 soldats allemands pris dans une terrible tenaille de deux corps de l’armée américaine. Dans cette bataille, sept civiles perdirent également la vie.

Du 2 au 3 septembre, toute la population civile était terrée dans des abris construits dans leur jardin. La population qui a été interrogée à l’époque ne pourra raconter que par bribes les terribles heures de ce 3 septembre, marquées par d’incessants pilonnages de l’artillerie américaine, appuyée par l’aviation (Republic P-47 Thunderbolt), ne laissant aucune chance aux Allemands encaissés sur cette chaussée.

Le village rendu aux habitants était dévasté et défiguré.

La chaussée Brunehault était un énorme embouteillage de sept kilomètres de véhicules, encore fumants, avec leurs occupants carbonisés et atrocement mutilés.

C’est aussi la plupart des maisons détruites ou endommagées.

Commence alors l’horrible travail d’extraction des 350 cadavres imbriqués dans cet amoncellement de tôles encore brûlantes. Plus de 400 véhicules. Ce sont les habitants qui prendront en charge cet horrible travail.

L’évacuation des corps se fera à l’aide de véhicules allemands encore en état vers le cimetière Assevent.

C’est aussi 400 chevaux morts que les habitants engloutiront dans les terres à proximité de la chaussée.

Pourquoi autant de morts en si peu de temps …

Gognies-Chaussée est sous l’occupation allemande, comme tant d’autres villages de la zone occupée.

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Mais près de là, se trouvait, dans la forêt Mormal, le restant des armées allemandes en déroute depuis la libération de Falaisse (ville normande) et tentait de rallier à tout prix la ligne Siegfried pour réorganiser leur défense.

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Du côté américain, le samedi 2 septembre, ignorant la présence des Allemands dans la forêt Mormal, le Général Rose fonce vers la ville de Mons avec son armée de blindée (3rd Armored Division). Se faisant, ils laissent un écart important de +- 30 kilomètres entre américain et allemand.

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Photographie prise lors du Tanks In Town – 70ème anniversaire. (ce qui correspond finalement à la réalité du parcours emprunté par la 3èm division blindée)

Pendant la nuit du 2 au 3 septembre, les Allemands profitent de cet écart pour fuir vers la ville de Binche, puis l’Allemagne… Mais devaient passer par Gognies-Chaussée.

Google Maps

Crédit photo : Google Map

C’était sans compter sur la 1ére division américaine d’infanterie « Big Red One » qui était dans le sillage de la 3rd Amored Division.

Réalisant la situation réelle et profitant des conditions avantageuses, le Général Rose fait demi-tour pour mettre en place une tenaille avec la 1ére division américaine d’infanterie afin de capturer l’armée allemande qui tentait de passer.

L’appui aérien fut demandé et déployé sur la colonne allemande. Les chasseurs-bombardiers Republic P-47 Thunderbolt ont fait pleuvoir un déluge de plomb et de feux sur la colonne de véhicule qui sera anéantie

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Photo d’un Republic P-47 Thunderbolt  – Crédit photo : Wikipédia

La bataille de Gognies-Chaussée fut décisive. Toute la région s’étendant de Bavay à Gognies-Chaussée fut libérée de l’occupation allemande et surtout l’anéantissement de plusieurs corps d’armée allemande. 18.000 Allemands, dont 300 officiers sont prisonniers et parqués à Bettignies en attente d’une évacuation définitive.  Très peu d’habitants les verront.

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Je suis allé à la rencontre de deux habitants de Gognies-Chaussée. Quatre heures d’enregistrement, de leurs histoires et d’anecdotes, m’ont permis de mieux comprendre les événements qui se sont déroulés durant  les 2 et 3 septembre 1944.

Je propose un petit extrait de chacun, pour donner une idée de ce qu’ils ont vécu lors de la libération.

Tout au long des interviews, tant Madame Christiane Croÿ que Monsieur José Verdonkt ont été généreux et sans réserve en me racontant des faits parfois douloureux et pénibles.

Je les en remercie.

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Interview de Monsieur José Verdonckt

Lors de la libération, il avait 8 ans et demi.

Il a été maire de Gognies-Chaussée de 2000 à 2008.

 

 

 

J’étais trop jeune pour m’en souvenir. Mes parents m’ont dit qu’ils sentaient la libération quand les Américains ont dépassé Maubeuge et poursuivi jusqu’ici sans rencontrer de résistance. C’était le vendredi 1er septembre 1944

Le samedi 2 septembre, sont venus en reconnaissance, une Jeep de l’armée américaine, au carrefour, ici près de la douane et un tank américain venant de AulnoisQuevy qui se dirigeaient vers le village, mais s’étaient arrêtés un peu avant et ils ont tiré sur une voiture allemande qui était garée près d’une prairie. C’était à 14h00. A ce moment-là, en voyant les Américains, nous pensions être libérés.

Ne voyant aucune résistance, les Américains ont poursuivi leur avancée.

Vers minuit, nous avions été réveillés par des bruits de chenilles. Nous étions près de la fenêtre pour regarder, moi sur les épaules de mon grand-père pour regarder passer les Américains, mais mon grand-père tout d’un coup dit : « mais ce sont des Allemands ». Nous avons eu juste le temps de quitter la pièce qu’une rafale de mitrailleuse balayait la façade. Nous nous sommes réfugiés dans la cave, mais là aussi les Allemands tiraient au travers du soupirail.

C’était un mauvais départ pour la libération, un mauvais sentiment, on croyait être libéré des Allemands par les Américains et nous voilà à nouveau envahis par les Allemands !

Manque de pot, il y en avait encore plusieurs milliers cachés dans la forêt de Mormal.

Pensez bien de l’inquiétude à l’époque : on savait que les Allemands étaient de retour et que les Américains ne les avaient pas rencontrés. L’atmosphère était assez lourde.

Mon père dit : « on ne peut pas rester ici, si une bombe tombe, on sera tous ensevelis ». Sortons pour nous mettre dans l’abri construit dans le jardin. (Abri préparé sous ordre de l’état). De l’abri, nous entendions les bruits des mitrailleuses, des moteurs et des sabots de chevaux.

Nous avons passé la nuit, dans l’abri, avec inquiétude.

La nuit du samedi au dimanche, vers les 5 heures du matin, c’était le grand déluge qui s’est abattu sur nous. L’artillerie américaine qui tirait vers nous depuis leur position un peu plus loin. J’ai encore ce souvenir très marqué dans ma mémoire de ces deux obus qui sont tombés à 1 à et 5 mètres de nous ; pendant 2 à 3 secondes, avec la pression de l’explosion, on ne savait pas respirer et dès que c’était possible c’est un air chaud qui rentrait dans les poumons.

La crainte, plus qu’une crainte, une épouvante permanente que j’ai ressentie  lors de ce bombardement. Je faisais mes prières tout le temps, c’était un réflexe.

Sur le toit de notre abri était installée une mitrailleuse allemande. Je n’oublierai jamais cette odeur de poudre qui envahissait notre abri. L’air chaud quasiment irrespirable…

Après les bombardements, nous sommes restés dans l’abri toute la journée et avons vu les premiers américains, dans notre jardin, vers les 18 heures. Ils nous ont dit de rester cacher jusqu’au soir, jusqu’à la nuit.

Puis, mon père est parti chercher de quoi boire et à manger dans la maison. Lorsque mon père est rentré dans la maison, il y avait déjà plein d’américains. Les Américains lui ont permis de prendre de quoi manger et boire, puis lui ont demandé de retourner dans son abri. Nous sommes restés encore toute la nuit dans cet abri. Nous ne sommes sortis de l’abri que le lundi matin pour regagner la maison en toute sécurité.

Les Américains étaient encore là. Ils nous ont donné du chocolat, c’était la libération pour nous !

Quand nous sommes sortis dans la rue, nous avons vu le désastre du bombardement. La chaussée était encombrée de chevaux morts, carcasses de véhicules fumantes, maisons détruites et de l’odeur de fumée. Nous ne savions pas passer !

C’est bien après que le génie américain est venu avec un bulldozer pour repousser à droite et à gauche les carcasses de tous genres pour qu’eux puissent savoir passer avec l’intendance pour alimenter la colonne qui poursuivait les Allemands en déroute.

Des tranchées ont été creusées pour engloutir plus ou moins 400 chevaux morts.

Les cadavres des Allemands ont été ramassés par les civiles volontaires et évacués vers le cimetière Assevent avec un des véhicules allemands encore en état de marche.

 

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Interview de Madame Christiane Croÿ

Lors de la libération, elle avait 16 ans.

 

 

 

 

 

J’habitais à Bettignies lors de la libération.

Dans la matinée du samedi 2 septembre 1944, nous avions déjà des échos de la radio française que les Américains avaient dépassé Maubeuge, on s’est dit : « Mon Dieu, ça s’approche, on va se préparer pour les accueillir ».

Vers les 13 heures, Les Américains sont enfin arrivés avec leurs chars et camions avec plein de soldats dedans. Ils sont passés devant nous, mais à une vitesse folle. Ils ne se sont pas arrêtés!

Les habitants du village ont lancé des bouteilles de bière, de vin, mais les trois quarts du temps cela atterrissait sur la chaussée, car les Américains ne ralentissaient pas, mais on criait, on chantait, on était heureux de les voir, même s’ils ne s’arrêtaient pas.

Puis tout d’un coup, quelqu’un a crié : « Voilà des Allemands qui arrivent ».

Ils étaient une bonne dizaine et ils se rendaient, mais nous étions bien embêtés, il fallait bien en faire quelque chose, les Américains étaient déjà partis…

C’est les douaniers qui s’en sont occupés et logés dans le bureau du brigadier fermé à double clef bien sûr. Ils ont eu à manger, de la soupe épaisse. Ils étaient bien traités en somme.

Mes parents m’ont raconté que très tôt le lendemain matin, ils sont partis avec deux douaniers et le brigadier pour les escorter vers Maubeuge (à pied).

A Mairieux, ils ont rencontré une colonne d’Allemands. Les prisonniers allemands, fatigués de se battre, ont dit aux douaniers, donner nous vite vos armes et vous allez jouer aux prisonniers pour passer.

De ce fait, les Allemands de la colonne ont demandé ce qui se passait avec ces douaniers prisonniers.

« On conduit ces gens à la kommandantur », répondit l’un des ex-prisonniers allemands. Et ils sont passés ainsi en rendant les armes aux douaniers un peu plus loin.

C’est ce que nous ont raconté les douaniers quand ils sont revenus.

Pendant ce temps, ici à Bettignies, vers les 5 heures du matin, on entendait des bruits de mitrailleuse. A ce moment, on s’est dit que les Allemands étaient revenus

On a pris peur et nous avons filé dans les tranchées qui étaient préparées.

Nous étions une douzaine, oui, une bonne douzaine de personne dans un petit abri tout en longueur.

De l’abri, on entendait des mitraillages, des bruits de bombe. C’était terrible, vous savez. C’était angoissant de se trouver ainsi dans l’abri en se disant que les Allemands étaient revenus.

Vers les 11 heures, de la trappe de l’entrée de l’abri, on voyait des pieds passés. Tantôt des bottes d’Allemands, tantôt des souliers d’américains et tous regardaient dans notre tranchée. Cela nous faisait penser qu’ils se cherchaient l’un après l’autre.

Vers les 12 heures, ça canardait, ça tirait, un bruit infernal.

Cela a duré jusqu’ à 14 heures. Puis, nous avons entendu des avions qui canardaient Gognies-Chaussée. Cela faisait un potin infernal.

Vers les 16 heures, ça s’est calmé et nous sommes enfin sortis de notre abri vers les 17 heures pour constater l’étendue du désastre : des morts partout, beaucoup de blessés et sur la plaine il y avait énormément de prisonniers allemands.

L’air était chaud, nous étions tous hébétés de ce bruit infernal et de voir tous ces morts, mais on voyait les américains, nous étions libérés.

Une chose que j’ai remarquée : tous ces Allemands morts avaient les pieds blancs. On leur avait enlevé leur botte. On n’a jamais su qui avait fait ça !

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Activités du samedi

Dépôt de gerbes à la chapelle du calvaire à  Bettignies.

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Monsieur Monsieur José Verdonckt et Alain Massez

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Monsieur le Maire Jean Meurant de Gognies-Chaussée et Monsieur José Verdonckt fait l’éloge des combattants morts pour la patrie

Dépôt de gerbes au monument aux morts de Mairieux

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Dépôt de gerbes au monument aux morts de Villers sir Nicole

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Dépôt de gerbes au monument du Général Rose au Château de Warelles

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Durant les trois jours de combats, qui firent rage dans la région, le général Rose a installé son quartier général au château de Warelles, à Quévy-le-Grand.

Premier quartier général allié en Belgique, le château de Warelles est situé  sur la chaussée de Maubeuge. Depuis une cinquantaine d’années, le château de Warelles est devenu une maison de repos pour personnes âgées.

Le 4 septembre 2004, pour lui rendre hommage, la commune de Quévy et la municipalité de Goegnies ont installé, sur la colonne d’entrée du château, une plaque commémorative.

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13h00 Dépôt de gerbes au monument de Blaregnies – apéritif de l’amitié

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A 17h30, une reconstitution de l’attaque d’un convoi allemand a été proposée. Il ne faut pas confondre avec la bataille qui s’est réellement déroulée en septembre 1944, vu l’ampleur de cette bataille, il était impossible de reconstituer.

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Cependant, les organisateurs ont dépensé sans compter en effets sonores et pyrotechnies, un scénario d’une heure qui a plongé le public, venu nombreux, dans l’ambiance réaliste de ce que pouvait être une attaque d’un convoi.

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Sans surprise, les Allemands se sont rendus avec des pertes non négligeables.

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Activité du Dimanche

A 11h30 : Réception des officiels et remises des gerbes aux monuments

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Tout au long du weekend-end un camp us était ouvert au public

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Une vidéo de la reconstitution de l’attaque du convoi allemand prise par le club  : First Infantry Remember. Merci à Antho Nat Hugo de m’avoir donné sa permission.

 

L’article de Télé Mons Borinage consacré à l’événement.

L’article de La Voix du Nord consacré à l’événement.

A visiter aussi, le musée dans l’ancienne maison communale de Gognies-Chaussée où Rose-Noelle Lefebvre fait revivre la vie des civiles pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Si vous souhaitez en savoir davantage sur Gognies-Chaussée, je vous invite à visiter le site d’un passionné : http://www.histoire2gognies.com

Je ne peux terminer mon petit reportage sans souligner et saluer l’excellent travail d’organisation de toute l’équipe du groupe « 1944’s Allied  Remenbrance  group 703 Tank Destroyer »

C’est aussi la participation et l’implication des deux communes sœurs de Go(e)nies-Chaussée et de l’Association Mémoire de Geonies-Chaussée

Quelques photos prises lors de l’événement. (cliquer sur une photo, pour passer en mode visionneuse)

Si vous êtes un membre d’un groupe de reconstitution, vous pouvez télécharger les photographies gratuitement pour un usage personnel selon les terme de la Licence Creative Commons Attribution). Il est demandé de laisser ma signature en bas/gauche sur la photographie.

Licence Creative CommonsLes photographies sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Pour une utilisation commerciale, une demande formelle doit être faite.

Je suis également membre de La SOFAM pour protéger mes droits d’auteur.

Les textes sont également soumis aux mêmes règles de la législation sur les droits d’auteur.

 

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Chaque année, depuis 16 ans, la ville de Mons revit une journée importante de son histoire.

Celle-ci s’est déroulée le 2 septembre 1944, il y a septante ans.

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Cette date correspond à la libération de la Ville de Mons par les forces américaines du 83e bataillon de reconnaissance rattaché à la 3e Division blindée.

Le 83e bataillon de reconnaissance, commandé par le major John R. Tucker Jr entra dans l’histoire de Mons avec son char Stuart. Celui-ci fut le premier char léger M5 de reconnaissance américain à enter dans Mons. Il portait l’immatriculation 3047787 et son nom de guerre était : « Fish and Chips »

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Un peu d’histoire :

Les véhicules empruntant les chemins qui, le 2 septembre 1944, ont permis à la 3e Division blindée US de libérer Mons. Ni la Première Armée américaine, ni la Wehrmacht ne s’attendaient à une bataille importante à Mons. Des éléments de plusieurs divisions allemandes s’étaient déplacés parallèlement à l’avance du VII corps d’armée US.

Le matin du 2 septembre 1944, elles se dirigèrent vers Mons dans l’espoir d’atteindre la Ligne Siegfried. Les routes au nord et à l’ouest de Mons étaient déjà tenues par la 3e Division US et des éléments du VII corps. Des doubles et parfois triples colonnes de troupes allemandes se pressaient et ont été détruites par l’aviation alliée.

Cette « Bataille de Mons », non prévue par les états-majors, a été déterminante sur le front de l’ouest: les troupes allemandes qui voulaient atteindre la ligne Siegfried n’y sont jamais parvenues.

En avançant vers Mons, les troupes de la 3e Division Blindée US étaient précédées d’éléments de reconnaissance, dont le 83e Bataillon de Reconnaissance qui devait reconnaître la route pour les chars Sherman en utilisant les itinéraires parallèles aux grands axes.

Historiquement, la « Poche de Mons » fut en effet l’un des chapitres les plus cruciaux de la Seconde Guerre mondiale : après Falaise, il s’agit même du deuxième revers allemand en importance (25.000 prisonniers et 5.000 morts en trois jours !).

C’est pourquoi le Fish and Chips, le char Stuart symbole de la libération de Mons, est arrivé rue Léon Save. Il était parvenu à Mons « du mauvais côté », où les Allemands ne l’attendaient pas, par les communes de Nouvelles et Hyon.

Crédit texte : http://www.ordi-web.eu/tanksintown/fr/index.htm

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Dans les heures qui ont suivi la libération de Mons, les chars des forces américaines quittèrent la ville pour combattre et libérer d’autres villes de Belgique, notamment Bastogne.

Le Char Stuart « Fish and Chips » en 1944 sur la place de Flandre. Crédit photo : http://www.tanksintown.be/FR/Principale_FR.html

L’histoire du char Stuart et de la libération de ville de Mons ne s’arrêtera pas là.

En effet, en 1945, la ville de Mons sollicita l’État-major de la 3e division blindée, stationné en Allemagne, pour revoir ce char symbole de la libération de la ville.

Que fut la surprise des Montois de découvrir, un soir de 1946, dans une rue de Mons (rue d’Enghien), un char portant l’immatriculation : 3047787. Il fut déposé par les Américains, sans aucune indication, explication….

L’histoire ne s’arrêta pas encore là…

En 1946, la ville de Mons prit l’initiative de placer ce char, dans les jardins du mayeur, à l’intérieur de l’Hôtel de Ville. Ainsi, le public pouvait venir contempler un des outils américains, symbole de la libération de la ville.

Un peu moins de huit années passèrent ainsi, sans nouveaux rebondissements. Hormis en 1954, le char fut amputé d’un de ses deux moteurs pour le placer dans une ambulance du service incendie de la ville de Mons. Chose courante à l’époque.

Ainsi passa 36 années… On aurait pu oublier le char et le considérer définitivement comme un monument historique, mais l’histoire en a voulu autrement.

En 1982, le char fut sorti du jardin du Mayeur à l’occasion du Doudou de Mons.

En 1984, nous sommes à la veille de l’anniversaire des quarante ans de la libération de la ville de Mons. C’est à cette période que les membres du Royal Mons Auto Moto Club ont eu l’idée de  remettre en état le char Stuart et de retrouver son commandant, le Major John R. Tucker.

Ce dernier fut localisé aux États-Unis, dans l’état de Virginie, à Richmond. S’en suivit une correspondance. Une invitation fut vite envoyée afin qu’il vienne à Mons reprendre les commandes de son char Stuart.

Dans la foulée, les mécaniciens du RMAMC (Royal Mons Auto Moto Club) entreprirent la restauration du char.

Imaginez l’état du char, après 38 années d’immobilisation dans le jardin du Mayeur :

  • pas moins de 15 tonnes de métal à décaper ;
  • enlever les couches consécutives de protection appliquées par les services communaux ;
  • la recherche et installation d’un moteur ;
  • la recherche et installation de nouvelles chenilles ;
  • la remise en état de fonctionnement de l’ensemble des commandes, de telle manière à lui redonner sa puissance d’antan.

En 1989, tout était prêt pour la première de « Tanks in Town » en parallèle pour la commémoration de l’anniversaire des cinquante-cinq ans de la libération de la Ville de Mons.

Le « Tanks in Town » deviendra bien plus tard, l’un des plus importants rassemblements mondiaux de véhicules militaires et notamment chenillés de la Seconde Guerre Mondiale.

Lors de cette première du « Tanks in Town », le Major John Tucker fut invité à Mons pour reprendre les manettes de commandes de son char. Il avait 84 ans !

Il y a quelques semaines, le 29 juin 2014, il a fêté ses 100 ans.

L’histoire n’est pas prête de s’arrêter tant qu’il y aura des passionnés, pour maintenir en état ce char, véritable patrimoine historique de Mons.

En attendant, pour cette version du TANKS IN TOWN 2014, le Royal Mons Auto Moto Club (avec la participation de la ville de Mons, du Musée Royal de l’Armée et du ministère de la Défense nationale) a proposé un programme riche en événements.

Ce programme, à la mécanique bien huilée, depuis seize années d’expérience par le RMAMC, s’est déroulé du vendredi 5 au dimanche 7 septembre 2014.

Le vendredi 5 septembre  était dédié à une journée transitoire pour les premières installations du camp US.  Le site du bois brûlé (ancien terrain de manœuvre de l’Armée belge) a été judicieusement choisi pour donner toute la puissance aux démonstrations de chars, notamment pour les baptêmes de chars prévus le samedi.

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L’installation des chars pour le static show prévu le samedi.

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Ici, les ornières après le passage d’un char.

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Samedi 6 septembre :

Dès 8h jusqu’à 18h, sur la route de la Wallonie, en bordure du camp, une bourse Militaria a été installée où vendeurs, collectionneurs ou tout simplement chineurs se sont croisés. On y parlait, notamment, français, anglais et néerlandais. J’ai même entendu du tchèque.

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Tout au long de la journée, pour le plaisir des petits et grands, des baptêmes en chars ont été organisés. Les bruits et les vibrations provoqués par les chenilles, ainsi que les fumées et la chaleur dégagées par les chars, étaient impressionnants. Cependant, un élément immuable était présent : le sourire et la fierté de tous ces gamins. Grâce à un tour de terrain, les enfants transmettaient leur bonheur. C’était un plaisir à voir !

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En parallèle, à 14h, des baptêmes ont été présentés sur le site du Grand Large. Ceux-ci concernaient dix véhicules amphibies (sur roues).

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Pour la première mise à l’eau d’un DUKW, une attention toute particulière a été observée par les spectateurs et surtout par son propriétaire un peu inquiet. Par précaution, un point d’ancrage a été attaché ente lui et un autre DUKW. La mise à l’eau de ce DUKW a été une réussite.

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Pas moins de 250 personnes ont fait le déplacement pour assister à la mise à l’eau de ses véhicules et participer aux baptêmes jusqu’à 17h, sans interruption, pour le plaisir des visiteurs.

On faisait la file, mais tous les visiteurs qui souhaitaient faire un tour sur le Grand Large ont été comblés.

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Les véhicules amphibies ont été utilisés, lors du débarquement, pour le transport de troupes et de matériels au départ des navires à proximité des plages de Normandie et autres endroits inaccessibles.

Interview de Jean-Marc Devos, l’organisateur de cet événement. (cliquer ici pour voir le reportage de TéléMB)

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Dimanche 7 septembre :

A 8h du matin, le convoi des transporteurs de troupes à roue et chenilles, jeeps, chars et motos se mit en place pour le départ vers Cuesmes.

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Un des moments forts et porteurs du Tanks in Town était, pour moi, la commémoration, sur la place de Cuesmes. Etaient présents, les derniers vétérans de la 2e Armored Division, qui ont combattu (avec leurs chars) les forces de l’axe en France et notamment en Belgique en 1944 . Ils sont venus spécialement des États-Unis pour les 70è anniversaires de la libération.

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Le dernier film dans le lequel Brad Pitt est au générique, « Fury« , retrace l’histoire de cinq militaires de la deuxième division blindée américaine. Ceux-ci font revivre les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale.

Vers midi, le convoi a pris la direction d’un terrain de déploiement près de Mesvin et Nouvelles. Une reconstitution, plus vraie que nature, d’une attaque par les Alliés d’une position allemande a été proposée.

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Cette reconstitution, d’une heure, donnait un petit aperçu de l’attaque de la 3è Armored Division (une centaine de véhicules) qui a permis de renverser l’armée allemande (qui contrôlait toute la région de Mons). Tout a été, soigneusement, préparé par un chorégraphe afin que l’ensemble respecte le timing et la cohésion des participants.

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Le survol d’un avion de reconnaissance de type Piper-Cub a donné encore plus de crédit à la reconstitution.

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Sans grande surprise, les Allemands ont perdu cette bataille devant le déploiement des forces Alliées.

Après avoir remporté cette bataille, le convoi prit la direction de la place de Mons en empruntant la voie américaine. (Parcourt emprunté en 1944 par le 83e bataillon de reconnaissance rattaché à la 3e Division blindée venant de Gognies-Chaussée.) Le Fish and Chips, en tête de la colonne des blindés, était prêt à rentrer une nouvelle fois dans la ville de Mons.

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Les vétérans de la 2e Armored Division étaient présents pour cet accueil et mis à l’honneur par la ville de Mons.

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Le Fish and Chips a repris, pour le temps de la commémoration, son ancienne place à l’hôtel de Ville.

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Et c’est sous les applaudissements d’un public dense que ces véhicules, chargés d’histoire, se sont stationnés sur la Grand-Place (d’ordinaire interdite à tout véhicule).

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Dans cette ambiance de libération, accompagnée par l’orchestre du SHAPE, s’est terminée cette journée de commémoration du 70e anniversaire de la libération de la Ville de Mons.

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Je tiens à remercier Jean-Marc Devos pour l’interview qu’il m’a accordée (afin d’étayer mon article).

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Le site du RMAMC : http://www.tanksintown.be

Les organisateurs peuvent être fiers de ce magnifique événement, où chaque détail est minutieusement préparé. On ne prend pas toujours conscience du travail à accomplir pour préparer ces événements. Les organisateurs du RAMC ont du inviter des collectionneurs, aller à la chasse aux subsides et autorisations, préparer le bivouac, assurer la sécurité, se tenir prêt à répondre aux demandes des participants.

C’est aussi la participation de plus de 200 bénévoles de différents clubs, qui par amitié, fraternité, sont venus grossir l’organisation.

Il faut aussi noter l’implication active de la police locale pour la sécurité routière.

Quelques photos prises lors de l’événement. (cliquer sur une photo, pour passer en mode visionneuse)

Si vous êtes un membre d’un groupe de reconstitution, vous pouvez télécharger les photographies gratuitement pour un usage personnel selon les terme de la Licence Creative Commons Attribution). Il est demandé de laisser ma signature en bas/gauche sur la photographie.

Licence Creative CommonsLes photographies sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Pour une utilisation commerciale, une demande formelle doit être faite.

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A l’occasion des 70 ans de la libération de Braine-le-Château,  le club de reconstitution militaire,  « The 377th Field Artillery – 101st Airborne », a organisé, du 14 au 16 août, une reconstitution d’un camp de l’armée US de la Seconde Guerre mondiale.

La ferme Rose, autrefois appelée « Ferme Binchefort », a été choisie pour donner vie à cette reconstitution.

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L’événement a rendu hommage aux hommes des armées Allies, qui se sont battus pour la libération de Rebecq.  Le 4 septembre 1944, Rebecq fut le premier village du brabant à être libéré par les alliés. Sur leur lancée, les alliés libérèrent Braine-l’Alleud, Braine-le-Château, Nivelles. Le 7 septembre 1944, Wavre fut la dernière ville du brabant wallon à être libérée.

Trois axes ont été mis en perspective par le club, « The 377th Field Artillery – 101st Airborne », pour commémorer cette libération :

1) Cérémonie d’hommage au monument aux morts :

Le point fort de l’événement, mis au premier plan par le président Michel De Sloover, est la commémoration, « le souvenir de mémoire ».

Samedi matin, une quarantaine de véhicules se sont rassemblés pour un départ vers le monument aux morts des deux guerres, à Braine-le-Château, afin de déposer une gerbe de fleur.

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Le bourgmestre et les échevins de Braine-le-Château, ainsi que des anciens combattants, étaient tous au rendez-vous pour rendre hommage aux morts pour la Patrie de 14-18 et de 40-45.

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Le 20-09-1975, face au monument, un arbre fut planté afin de commémorer l’anniversaire de la libération des camps.

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un arbre planté afin de commémorer l’anniversaire de la libération des camps

A la fin de la cérémonie, la Présidente du Comité du souvenir, Madame Candie Demoulin, a pris la parole pour souligner l’importance du souvenir et de rendre hommage aux soldats tombés pendant les deux guerres.

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La commémoration fut également proposée à Wauthier-Braine. Ensuite, le convoi de véhicule s’arrêta devant le monument commémoratif en l’honneur du résistant, Frans Verkleeren. Une gerbe de fleur  fut déposée, au son d’une trompette.

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Le 4 septembre 1944, veille de la libération de Braine-le-Château, Frans Verkleeren fut abattu, lâchement, par des allemands.

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2) La reconstitution d’une infirmerie militaire de campagne dans la cour de la ferme Rose

Le « 326th Airborne Medical Company », invité incontournable de l’événement, était représenté par Benoît Tranchant.

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Un hôpital de campagne a été installé, dans une étable de la cour intérieure de la ferme Rose. Benoît Tranchant a endossé le rôle d’un chirurgien, plus vrai que nature. Tout au long du week-end, il a enchainé les opérations.

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Le souci du détail était vraiment bluffant.

Des faux blessés (grimés pour l’occasion) étaient soignés devant des visiteurs impressionnés.

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Ici, on voit nettement une balle extraite du cou de ce malheureux soldat.

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Ce soldat attend sa prise en charge par les médecins.

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Ici, le Général Rose  de la « 3me armored » félicite le travail de l’équipe médical. (Figurant : Eddy)

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3) Reconstitution du camp US :

Une façon ludique d’évoquer la vie quotidienne des soldats dans les bivouacs en temps de guerre.

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Il faut bien faire la part des choses, les reconstituants ne jouent pas à la guerre, ils participent activement à rendre crédible les camps US.

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L’objectif des reconstituants est de montrer, évoquer, expliquer, faire comprendre et se souvenir des raisons pour lesquelles les Américains sont venus.

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Ici, le Général Rose écoute les dernières informations du radio. (Figurant : Eddy)

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Pour résumer, en quelques mots, « nous sommes des soldats de la mémoire » dira un reconstituant.

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Quelques mot du président de l’asbl  «The 377th Field Artillery – 101st Airborne »

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Michel De Sloover, président de l’asbl «The 377th Field Artillery – 101st Airborne »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes un club de passionnés d’histoires, de collectionneurs dont le principal objectif est le devoir de mémoire.

Je suis très attaché au devoir de mémoire, comme tous les membres du club. Ce n’est pas le fait de jouer à la « guerre-guerre ». Nous ne sommes pas des guérilléros. Ce qui nous  intéresse, dans les reconstitutions de camp, c’est les commémorations. A chaque événement, que nous organisons, il  y a une ou deux cérémonies. D’ailleurs, demain, nous organisons trois commémorations. Une au monument aux morts de Braine-le-Château, une autre au monument des morts de Wauthier-Braine et, pour finir, au monument commémoratif en l’honneur du résistant Frans Verkleeren.

Notre asbl existe depuis une dizaine d’années. C’est la première fois que nous organisons un camp à Braine-le-Château. Nous avons été sollicités par la commune de Braine-le-Château par l’intermédiaire de l’échevin, Monsieur Nicolas Tamigneau. Celui-ci fait vivre le comité du souvenir de Braine-le-Château, représenté par la présidente, Madame Candie Demoulin.

Le site de la ferme Rose s’y prêtait bien. Le décor, la ferme, les champs aux alentours sont des atouts incontournables. La ferme a une histoire. Comme beaucoup d’autres, le 9 août 1944,  elle a accueilli et cacher un parachutiste américain. Ce soldat était le lieutenant French Kenneth (co-pilote d’un B17 abattu, par un avion ennemi allemand FW 190). Par la suite, il a été évacué par le réseau Comète.

Notre asbl compte 30 membres, cinq véhicules, plus les canons et mortiers. Je suis très fier de la fraternité au sein de notre association, de l’amitié entre les différents clubs, la passion entre collectionneurs. L’’aide que chacun peut apporter pour trouver une pièce pour l’un ou l’autre est extraordinaire. C’est ça l’amitié du militaria.

Un peu d’histoire … 

La 377th Field Artillery Battalion était un régiment d’artillerie d’assaut aéroporté rattaché à la « 101st Airborne Division », qui devait fournir un support de feux d’artillerie.

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Ce bataillon a participé à l’opération Overlord. Leur objectif était de détruire une batterie allemande et d’autres installations à l’arrière nord de la plage, près de Saint-Martin-de-Varreville. Malheureusement, en raison de la perte de deux avions et de la dispersion du bataillon sur le sol français, les objectifs n’ont pas été attient à 100%

Leurs tenues étaient identique, voire approchante de la 101st, mais ceux-ci ont été peint, en deux couleur, (bariolé) directement pas les soldats quelques jours avant le débarquement.  Ce fut une pratique courante au sein de la 377th.

Elle participa ensuite à l’opération Market Garden en septembre 1944 et, à la bataille des Ardennes en décembre 1944 (autour de la ville de Bastogne).

Ce bataillon a été désactivé, le 30 Novembre 1945, puis réactivé et rebaptisé comme beaucoup de bataillon de l’armée américaine. Depuis octobre 2005, elle porte le nom du 377e Régiment d’artillerie.

La 101st Airborne Division est une division de l’Armée de terre des États-Unis entraînée principalement pour l’assaut aéroporté (1944), puis héliporté (rebaptisé 101th Air Cavalry Division et fut déployé au Viêtnam) et enfin redevenu « 101st Airborne Division (Air Assault) »

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Un élément immuable et incontournable de la 101st Airborn Division est le blason d’épaule : un pygargue (aigle) à tête blanche et bec d’or sur un bouclier noir. Cet aigle fut à l’origine du surnom des hommes de la division « Screaming Eagles », les Aigles Hurlants.

L’origine de cette aigle remonte à la guerre de sécession américaine.

En 1942, lorsque la division est devenue une troupe aéroportée, le mot « Airborne » a été inscrit en lettres d’or en croissant au-dessus du blason.

La 101st Airborne Division s’est distinguée au cours de la Seconde Guerre mondiale, lors du débarquement en Normandie en juin 1944 (l’opération Overlord), appuyé, entre autre, par le 377th Field Artillery Battalion.  Elle participa ensuite à l’opération Market Garden en septembre 1944 et, à la bataille des Ardennes en décembre 1944 (autour de la ville de Bastogne).

101ème Airborne Division est l’une des divisions les plus décorés de l’armée.

La tenue de parachutiste M-42/M-43 (à mon avis la plus sexy de la WWII)

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Interview d’un jeune témoin, Monsieur Georges Clarisse

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A gauche, Monsieur Georges Clarisse

Ancien officier dans les troupes africaines.

Il a participé avec les commandos belges à l’évacuation des ressortissants belges de Brazzaville.

 

 

 

 

J’habitais près de Gand, quand la guerre s’est déclarée. J’avais 4 ans. Je me souviens que les parents ont chargé leur vélo avec un tas de bagages. Ils ont mis ma petite sœur de 2 ans sur le vélo de ma mère et moi sur le vélo de mon père. Nous sommes partis vers les Pays-Bas, mais arrivés à la frontière, les Allemands étaient déjà de l’autre côté. Nous sommes donc rentrés.

Je me souviens également de la fin de la guerre, quand les V1 et V2 étaient « tirés »  sur le port de Gand. Nous filions dans la cave pour nous mettre à l’abri. Ça, je me souviens parfaitement. C’était terrible. Nous savions que ,quand les bruits des V1 et V2 s’arrêtaient, cela allait tomber.

Le comité du souvenir de Braine-le-Château

Le comité du souvenir, représentés entre autre par Madame Candie Demoulin (Présidente) et par Monsieur Nicolas Tamigniau (Echevin des cérémonies) participe activement aux différents événements, en rapport aux souvenirs de mémoire des deux guerres.

La reconstitution de ce week-end participe à ce que le comité souhaite mettre en place. Notamment, la projection du film « Le pantalon », qui a été tourné à Wautier-Braine, est prévue fin d’année.

Le comité est ouvert à toutes suggestions pour grandir et offrir à la communauté des activités, des événements, des commémorations du souvenir de mémoire.

Le comité du souvenir reste convaincu que rendre hommage à ceux qui se sont battus pour nous est très important.

Si des personnes sont intéressées à adhérer au comité du souvenir, celui-ci est ouvert pour vous accueillir.

Vous pouvez contacter directement Nicolas Tamigniau à l’administration communale de Braine-le-Château. (Rue de la Libération 9, 1440 Braine-le-Château)

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Candie Demoulin, Nicolas Tamigniau et les parents de Candie Demoiulin , porte-drapeau du comité

Je tiens à remercier Michel De Sloover et son staff pour ce magnifique week-end.

Article associé : Field Depot 2014 ; Gerpines 2014 * 703 TD * et Woman at War

Je serais présent aux événements suivants :

Toutes les photographies ont été prises avec le petit Fuji X-T1 et son zoom de base : le 18-55mm ainsi que le nouvel objectif fixe 56mm.

Quelques photos prises lors de l’événement. (cliquer sur une photo, pour passer en mode visionneuse)

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Les 1er, 2 et 3 août 2014, le BMVT (Belgian Military Vehicle Trust) a organisé, en collaboration avec le fort de Lantin, sa septième édition « Woman at War ».

Le BMVT est l’un des clubs de collectionneurs de véhicules de la Seconde Guerre mondiale le plus connu en Europe.

A l’occasion de cet événement, la plus grande partie des clubs de Belgique et d’ailleurs est venue grossir la flotte de véhicules militaires du BMVT déjà présent. Le public, présent en nombre, est venu assister à cet évènement et a pu admirer pas moins de 260 véhicules (occupant tout l’espace intérieur du fort, mais aussi ses abords).

Au-delà de l’exhibition de ces machines de guerre, l’axe principal de cet événement, est la présence des femmes pendant la guerre, et ce compris l’USO (United Service Organisations).

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L’USO, fondé en 1941, est un organisme qui fournit un service de soutien moral et de loisirs pour les membres de l’armée américaine et leurs familles. Aujourd’hui, l’USO est présent à travers le monde et poursuit ses activités.

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L’équivalent de USO, en Grande-Bretagne, est l’ENSA.

L’USO et ENSA sont devenus particulièrement célèbres pour leurs spectacles appelés « Camp Shows ».

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L’industrie cinématographique, et notamment d’Hollywood, a contribué, à sa façon, à maintenir le mythe du glamour de ces Camp Shows.

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02082014-_DSF2423Au cours des deux guerres, loin du mythe du glamour, les femmes ont joué aussi un rôle essentiel dans le succès des efforts déployés par les alliés. En effet, la guerre a permis aux femmes d’accéder à de nombreux emplois, qui étaient auparavant considérés comme inadaptés pour les femmes.

 

 

 

 

 

 

 

Notamment dans les usines, elles rendaient possible la production de munitions, mais également sur un plan plus large, la confection d’uniforme et la fabrication d’avions.

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Ironie du sort, dans l’Allemagne nazie, Hitler avait interdit aux femmes allemandes de travailler dans les usines d’armement allemandes, car il estimait que la place de la femme était à la maison.

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Les femmes n’ont pas été autorisées à entrer en action avec les hommes, à utiliser des armes à feu ; mais à part cela, elles ont fait le même travail que les hommes.

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Avant la Seconde Guerre mondiale, il y avait un peu plus d’un millier de femmes dans l’armée. Elles exerçaient des postes d’infirmières dans l’armée ou dans la marine stationnée aux États-Unis.

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Lorsque la guerre éclate, les femmes veulent contribuer militairement à l’effort. L’armée de terre et la marine comptent sur les femmes pour des emplois cruciaux. À la fin de la guerre, il y avait plus de 288 000 femmes dans les forces armées américaines.

Les femmes ont également rempli des missions beaucoup plus dangereuses au sein des services secrets. Leur objectif était de mener une lutte clandestine dans l’Europe occupée et d’obtenir le plus d’information possible pour soutenir les Alliés (notamment pour le débarquement prévu en Normandie en juin 1944).

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Pendant que les femmes contribuaient à l’effort de guerre, les enfants se voyaient confier de plus grandes responsabilités dans les foyers (absents de pères et frères plus âgés déjà partis à la guerre). Beaucoup d’entre eux travaillaient très jeunes dans des fermes et parfois dans les usines/entreprises.

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Je tiens à remercier toutes les jolies filles que j’ai photographiées et qui ont permis de mettre de la couleur dans mon article.

Prochain rendez-vous : Camp du 377 th Field Artillery-101st Airborne à Braine-le-Château du 15 au 16 août 2014

 

Toutes les photographies ont été prises avec un petit Fuji X-T1.  Ce n’est pas l’appareil photographique qui compte, mais l’œil et le doigt en parallèle pour capter le moment décisif. (petite pensé au grand Henri-Cartier Bresson)

Article associé : Field Depot 2014 et Gerpines 2014 * 703 TD *

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